LA ROSE

Et mon amie la Rose…

 

Rosa, rosaa, rosam… Magnifiée par les poètes, elle est à la fois celle du Roman et celle de Ronsard, celle des Lancastre et celle des York, celles des cathédrales et celles de Picardie… Elle évoque la beauté et l’amour. La rose est la plus célèbre des fleurs !

« A l’aurore, je suis née, baptisée de rosée… »

Pour les Grecs de l’Antiquité, Chloris, la nymphe veillant sur les Iles Fortunées (Îles Canaries), transforme le corps d’une nymphe trouvé sans vie, en rose. Elle la voulut la plus belle des fleurs. Touchés par le geste, Aphrodite donne à la création de Chloris sa beauté, Dionysos son parfum et les Trois Grâces, le charme, l’éclat et la joie. Apollon désigne alors la rose comme la reine des fleurs.

Dès le VIe siècle avant J.C., la beauté de la rose était déjà particulièrement appréciée des Egyptiens, Hébreux, Grecs et Romains qui la cultivaient pour sa beauté, pour leurs cérémonies religieuses ou mortuaires mais également pour ses propriétés médicinales, sous forme d’huile, d’essence ou de baume.

La légende veut que, Thibaud IV, comte de Champagne et roi de Navarre, ramène « dans son heaume », la rose de Damas de la 6e croisade. Largement cultivée aux alentours de Provins, elle fit la réputation des roseraies de son fief, notamment pour ses qualités médicinales.

D’autres roses sont ensuite importées du Moyen Orient, de Perse notamment. Dès le XVIe siècle, les différentes hybridations et mutations vont donner naissance à une trentaine de variétés dont certaines roses célèbres comme la fameuse rosa centifolia, aujourd’hui largement cultivée à Grasse pour son parfum.

Au XVIIe siècle, les importations de rosiers de Chine notamment, et leur hybridation avec les variétés européennes vont encore accroitre le nombre d’espèces pour atteindre 2 500 au début du XIXe siècle. Ce sont ces hybridations qui vont donner le caractère remontant à certaines variétés de rosiers.


« Je me suis épanouie, heureuse et amoureuse… »

Très prisée par les parfumeurs, la rose brave le temps et les modes… la rose de Mai « centifolia » cultivée à Grasse ou au Maroc et la rose de Damas venue de Bulgarie et de Turquie, sont choyées pour en extraire toutes les senteurs.

La rose centifolia n’a qu’une floraison par an. Ses fleurs sont cueillies avant le lever du soleil pour leur conserver tout le caractère suave de leur parfum. Les senteurs sont extraites à l’aide de solvants, selon les mêmes méthodes qu’au XVIIIe siècle. Après avoir macéré plusieurs jours dans de l’éthanol par exemple, les odeurs sont concentrées par évaporation du solvant pour former l’essence concrète. Cette dernière est ensuite filtrée pour ne récupérer qu’une essence pure appelée l’absolue.

Les senteurs de la rose de Damas sont, quant à elles, extraites par distillation, une pratique ancestrale dont on trouve des traces il y a 3 500 d’années. Les fleurs sont placées sur des plateaux dans des alambics géants, au-dessus d’eau portée à ébullition. La vapeur d’eau se charge d’huiles essentielles. Le mélange passe dans un serpentin en sortie d’alambic : en refroidissant, les huiles essentielles sont condensées et gouttent dans un récipient. Il faut environ cinq à six tonnes de fleurs pour obtenir un seul kilo d’huiles essentielles.

Ces deux composés peuvent alors être utilisés et ainsi apporter leurs touches de féminité, sensualité et douceur à des parfums prestigieux tels « J'adore » de Christian Dior, « Mademoiselle Rochas » de Rochas ou encore "Coco Mademoiselle" de Chanel.