LA PORCELAINE DE LIMOGES

LIMOGES :   SOUS LE SIGNE DE L’INNOVATION ET DE L’EXCELLENCE
Par Océane Chiaroni
 
La porcelaine a la réputation d'être capricieuse, difficile à travailler et c'est vrai. Mais elle est aussi sublimée par les formes et les décors qui donne aux pièces ainsi créées toute leur singularité. Une relation complice entre artisans porcelainiers et créateurs exalte ses qualités naturelles par le soin et la technique apportés à chaque pièce.
 

La petite histoire de la porcelaine

Il semble que la porcelaine ait été inventée en Chine au cours de la dynastie Tang, entre le VIIe et le Xe siècle. Toutefois, bien que des objets d’une grande qualité aient alors été réalisés, ce n’est qu’au XIVe siècle que sont apparus les premiers « bleus de Chine », qui valurent à ce pays d’Asie sa grande renommée en la matière.

 

Au XVe siècle, des Italiens voyageant en Chine rapportent des objets de porcelaine en Europe et font naître une véritable fascination chez les Occidentaux, qui en importent de plus en plus et constituent d’imposantes collections. Bientôt, une frénésie s’empare de l’Europe, où de nombreux amateurs sont prêts à tout pour découvrir le secret de la production de porcelaine.

 

Les plus intenses recherches sur ce fin matériau ont lieu en Allemagne, au XVIIIe siècle, à la cour de Dresde. Auguste II, bien décidé à élucider le mystère de la composition de cette délicate pâte blanche, emploie l’alchimiste Johann Friedrich Böttger et l’emprisonne pour accélérer les recherches. Le scientifique arrive bientôt à quelque résultat et invente la porcelaine de Meissen, à l’origine du premier véritable centre porcelainier du continent.

Malgré toutes les précautions des employés, les secrets de production de la manufacture de Meissen s’éventent, et des centres porcelainiers ouvrent un peu partout à travers l’Europe. Peu à peu, la France et l’Angleterre développent des porcelaines de grande qualité et acquièrent une certaine renommée. On doit notamment à la Grande-Bretagne le « bone china », porcelaine comportant de la poudre d’os.

 

En 1768 un gisement de kaolin, élément indispensable pour l’obtention de la porcelaine, est découvert à Saint-Yrieix, au sud-ouest de Limoges dans le département de la Haute-Vienne. L’immense intérêt économique de cet "or blanc" n’échappe pas à Turgot, alors intendant du Limousin, qui encourage la naissance de nombreuses manufactures dès 1771. C’est ainsi que l’industrie porcelainière croit et se développe au fil des siècles et des nouvelles technologies, rythmant la vie de milliers de hauts-viennois, en forgeant l’âme d’un territoire émaillé de nombreuses entreprises qui conçoivent, fabriquent, cuisent et décorent de la porcelaine.

Cette activité a en outre permis le développement de multiples sociétés et lieux de formation dans des domaines extrêmement variés (médical, l’aéronautique et spatial, environnement, énergie et transport, design et habitat etc.). Connue et reconnue mondialement, la Porcelaine de Limoges a également su s’adapter aux nouveaux besoins de l’industrie tout en conservant un savoir-faire unique. Elle est synonyme d’innovation et d’excellence.

 

Grâce à ses exceptionnelles propriétés couplées à des évolutions scientifiques majeures, la Porcelaine de Limoges s’est fortement diversifiée et a accompagné le développement d’une filière de techniques de pointe extrêmement dynamique.

L’essor des manufactures s’est fait en vendant de la porcelaine dans toute la France, mais aussi à l’export et particulièrement aux Etats-Unis. A cette époque le succès est du aux services de table complets souvent offerts pour des mariages.

 

Mais le développement de cette industrie dû faire face à des ralentissements durant la guerre de 1870, puis lors des deux Guerres Mondiales. La production a baissé en 1914-1918 pour des raisons d’effort de guerre et par manque de main d’oeuvre, les hommes étant partis au front. Puis entre 1939 et1945, la production a encore plus fortement baissé pour des raisons de restrictions liées à l’effort de guerre puis à l’occupation : plus assez de matières premières, restrictions sur le charbon et sur le bois…

Conscients de ce qu’ils possédaient, après chaque période difficile, les industriels de Limoges ont rapidement renoué avec la croissance et les bénéfices.

Artistes et designers fous de porcelaine : 

Depuis les années 1950, créateurs de renom, artistes d’horizons différents, jeunes designers sont fascinés par le champs des possibles qu’offre ce matériau et renouvellent sans cesse l’image traditionnelle de la porcelaine dans les arts de la table et dans les arts tout court.

De Raymond Loewy, pionnier du design industriel qui a notamment créé le service de table pour Air France, à Jeff Koons en passant par Roger Tallon, Marc Held, Martin Szekely, Olivier Gagnère, Hervé Van Der Straeten, Andrée Putman, Jean-Charles de Castelbajac, Sylvain Dubuisson, Andrea Branzi, Julio Le Parc, JR, Subodh Gupta, Les Freres Campana, etc… tous insufflent une dynamique de création en perpétuel renouvellement ponctuée par un esprit ludique et poétique.

La preuve par l’image...

 

 

 

 

 

 

 

Olivier Gagnère : Parfaitement contemporain et déjà classique

      

 

Retrouvez l'interview d'Olivier Gagnère en exclusivité pour Bona Fide Paris.

Découvrez son histoire avec la porcelaine, sa vision et ses envies. 

Ici

 

 

 

 

 

La Fabrication

 

Les procédés furent à l'origine de nature semi-artisanale. Les pièces étaient réalisées par des ouvriers se distribuant dans plus d’une dizaine de catégories : modeleurs, polisseurs, tourneurs, mouleurs, garnisseurs, emballeurs et retoucheuses.      

Au XIXe siècle, l'adoption de la technique du coulage d'une pâte fluide dans des moules réalisés en plâtre simplifie considérablement la fabrication des pièces. Les remiers objets fabriqués ainsi présentent parfois un défaut : la suture des parties gauche et droite est visible par un petit bourrelet qui n'a pas été suffisamment aplani. 

Aujourd’hui, la fabrication débute par le modelage de pièces en fonction des besoins. Le concept est ensuite travaillé pour obtenir une pièce esthétique réalisée en trois dimensions qui sera utilisée pour la fabrication des moules en plâtre à partir d’une matrice sculptée à la main.  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle Génération à suivre…

Désireux de revenir aux vraies valeurs, à l’authenticité, une nouvelle génération d’artisans travaille sur la notion d’excellence en s’affranchissant des codes traditionnels. 

Ils ont retenu notre attention : 
car même les petites marques peuvent exister parmi les poids lourds !

 

Non Sans Raison

Créateur et éditeur français de produits en porcelaine de Limoges de haute facture les créations de « Non Sans Raison » sont commercialisés dans le monde entier et réalisés à partir de matériaux nobles. C’est par l’innovation que cette maison fondée en 2008, valorise le savoir-faire artisanal porcelainier de Limoges en créant dans le respect des traditions séculaires des produits contemporains haut de gamme fabriqués à Limoges et adaptés à la modernité de nos usages. Révélateur d’un patrimoine unique au monde, ils sont aussi le garant d’un savoir-faire que souvent on nous jalouse. Sur toutes sortes d’usages qu’offre la porcelaine, ils innovent pour perpétuer l’âme d’un matériau millénaire doté de qualités exceptionnelles et d’une prestigieuse histoire indissociable de celle des hommes. Ainsi, ils insufflent chaque jour une vitalité nouvelle à ces racines.

nonsansraison.com

 

Maison Fragile

Arrière-petite-fille d’un directeur d’usines de porcelaine à Limoges, Mary Castel a lancé sa propre marque de vaisselle. Du made in France qui a séduit jusqu’à l’Elysée. 
Son crédo,  des collaborations entre des artisans au savoir faire d’excellence Français, et la crème de la crème des jeunes artistes « French Touch ». Des créations, chics innovantes et non conventionnelles. Elle revisite les arts de la table pour magnifier les instants éphémères, remettre à l'honneur la créativité des arts de la table tout cela dans un esprit moderne respectueux de la tradition.

maisonfragile.com

 

 Olga etc 

Totalement autodidacte, le travail de Virginie Boudsocq se base sur le plaisir de toucher et d'utiliser quotidiennement la porcelaine, qui pour elle est une matière exceptionnelle : blanche, fine, résistante, éclatante… La travailler, la façonner pour en extraire des objets uniques est pour la créatrice une véritable passion. Elle aime l’idée de la transformer et de la replacer au centre de notre quotidien. Après en avoir expérimenté les différentes techniques, son choix s’est porté sur le coulage et le travail à la plaque. Elle fabrique des moules en plâtre que’elle grave, puis y coule de la porcelaine liquide ou applique une plaque qu’elle façonne au gabarit du moule. 

C’est par hasard qu’elle a rencontré Christopher Hache, alors chef exécutif de l'Hotel de Crillon. Il était à la recherche de créateurs pour les arts de la table du restaurant gastronomique de l'Hotel. Pour lui elle a créé cette assiette champignon et sa cloche, qui a contribué à la faire remarquer.
 
Ce qu’elle aime dans le travail avec la gastronomie c'est de devoir faire concilier contraintes techniques et créativité. Sa réflexion est à la fois inspirée par les désirs du chef mais aussi soumise aux exigences de la présentation et des contraintes du plat . C'est à chaque fois pour elle une gageure et une émotion de voir une de mes création quitter l'atelier et devenir l'écrin d'un plat de chef. Ce qui l’inspire : la nature, les plantes, leur évolution, leurs parasites ou leurs insectes polénisateurs mais aussi le japon, dont elle aime l'épure. Et à chaque fois q’elle ouvre le four après des heures d’attente et la magie opère. 

olgaetc.com 

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La Porcelaine de Limoges en quelques chiffres

  • Environ 20 entreprises à l'heure actuelle 

  • 1100 emplois directs dans les entreprises de porcelaine de Limoges

  • 300 emplois induits

  • Environ 120 Millions d’Euros de Chiffre d’Affaire annuel

  • 70% de la production part à l’exportation, dont la majorité aux USA

  • Les manufactures les plus illustres sont : Bernardaud, Haviland, Raynaud, Royal Limoges, R. Haviland & C. Parlon, J. Seignolles, Arquié, Carpenet, Pergay, Médard de Noblat, Jean-Louis Coquet, Sylvie Coquet…

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Quelle est la différence entre porcelaine, faïence et céramique ? 

 Avant toute chose, sachez que le terme céramique désigne une famille de matériaux, et non pas une matière en particulier !

Celle-ci se divise comme suit :

  • les céramiques à pâtes poreuses, comprenant les faïences, les terres cuites et certains grès

  • les céramiques à pâtes imperméables, regroupant les porcelaines et les grès

Outre ces différences de composition, les céramiques se distinguent également selon leur degré de cuisson et leur glaçage – autrement dit, le vernissage ou l’émaillage, permettant de les protéger, les décorer ou les rendre imperméables. 

 

La porcelaine, translucides et d’une extrême blancheur, les pièces en porcelaines sont tout d’abord cuites entre 900 et 1000°c, puis à température élevée après la pose de l’émail, de 1250 à 1400°c. Une vitrification maximale se produit alors, lui conférant une forte solidité malgré sa finesse, ainsi qu’un aspect translucide permettant de la différencier facilement de la faïence. Elle est aussi d’apparence très délicate et gage d’élégance.

 

La faïence se cuit aux alentours de 1000 à 1200°c. Poreuse, opaque et très fragile, la faïence doit obligatoirement être émaillée pour être étanche. Une opération qui nécessite une seconde cuisson, bien souvent à température inférieure. Principalement utilisée dans la confection de vaisselle ou de carreaux de crédence, elle permet également la réalisation d’objets de décoration divers. Blanche ou peinte, la faïence s’adapte à tous les styles.

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Pour info

Debourg 05 mars 2021

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